Nous partons d’Estérencuby où nous garons la voiture d’Olivier qui va rester là une quinzaine de jour. Commence alors l’ascension dans des lacets de route pentus dans un atmosphère chaud et lourd. Le démarrage est difficile, on s’est beaucoup trop rempli le ventre de notre dernier repas élaboré ! À peine parti, le camelback d’Olivier se vide dans son sac. On vérifie qu’il n’est pas percé, il suffit d’un petit ajustement de départ et c’est reparti. On arrive sur des sentiers en terre battue. Chemin faisant, on croise un hollandais qui fait le plein d’eau dans une source qui crache à volonté, proche d’une ferme. On échange un peu avec lui le temps de remplir nos gourdes, il semble attendre quelqu’un. On le recroisera le lendemain s’abritant du soleil à l’ombre d’un camion. On se demande s’il a fait du stop ou un tour de magie pour nous rattraper ! Les deux frangins commencent déjà à jouer au « dernier y put » et gravissent la côte d’Iraukotuturru à toute vitesse. Une fois en haut, on croise un vieux berger qui garde ses moutons et qui nous salut, me faisant comprendre subtilement que je suis à la traine et que c’est surement parce que je suis une fille. Deuxième côte, rebelote. Je m’énerve et les préviens que je ne ferai pas toute la traversée comme ça! Le paysage très vert et de relief doux rappelle l’Écosse à Olivier. Défilent les pâturages où broutent librement moutons et chevaux, arrosés d’un soleil pâle qui filtre à travers les nuages. Demeure une ambiance particulière avec la sonorité des noms basques ou la vue de sites cromlechs, arrangement de pierres levées en cercle. Après quelques 15 kilomètres, on s’arrête pour le bivouac au col d’Oraate. On monte la tente dans le vent du soir, on fait pendre nos affaires transpirantes au panneau qui indique les sentiers et on va remplir nos gourdes auprès de deux punks à chiens qui viennent dormir là en fourgon. Première nuit sur la HRP !