On se réveil avec un beau soleil, dans le frais de la montagne. On reprend notre ascension au milieu des iris des Pyrénées violettes jusqu’au col de Pétragème. Je me rends alors compte que j’ai perdu mes lunettes de soleil, erreur magistrale ! Laissant les deux lardons au col, et sans trop y croire, je rebrousse chemin en courant dans l’espoir de les retrouver. Quelle distance serai-je prête à parcourir avant d’abandonner ? Heureusement, elles sont là, au bord du chemin, pas si loin. Je les rejoins et, ensemble, nous entamons une descente raide qui longe les Aiguilles d’Ansabère, murailles verticales de calcaire impressionnantes, de toute évidence un délice pour l’escalade.
Après une traversée, nous repassons côté espagnol par le col de la Chourique. On arrive à un lac bordé de monde, le lac d’Acherito, surplombé par le pic de Laraille. On monte comme des sangliers jusqu’au col et je vais me faire le petit sommet Mallo de Las Foyas toute seule à 2126 m. S’en suit une longue traversée herbeuse dans la plaine de las Foyas jusqu’au col de Pau, col pour lequel Quentin fait une course qui ne motivera que lui !
Encore une traversée à flan mais cette fois ouverte sur la vallée d’Aspe, en France. On voit le chemin qui sillonne au loin jusqu’au col de Saoubathou et les frères estime qu’il leur faudra 20 minutes pour l’atteindre, en courant évidemment. Je ne suis pas de la course et les regarde trottiner en gardant moi-même un bon rythme de marche. Je les retrouve assis au bord du chemin : ayant dépassé les 20 minutes de course, ils ne sont pas allés au bout. Quentin me raconte son escarmouche avec un local. Pensant qu’il s’agissait d’un marcheur, il lui a reprocher de ne pas tenir son chien dans un parc naturel jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il s’agissait d’un berger et de son patou ! On descend dans les pâturages et remontons jusqu’au refuge d’Arlet, au bord d’un petit lac du même nom. J’y reconnais des Bordelais et en mangeant, on discute avec un vieux de vieille qui a fait la HRP il y a quelques temps. Il n’arrive pas à partir, toujours un truc à redire. Il nous partage qu’il a perdu 10 kg durant sa traversée. On ne sait pas encore ce qui nous attend !
On repart et sur le chemin on voit des gars du PGHM qui refont le chemin. Quentin leur fait une blague qui tombe à l’eau ! On entame notre descente vers les Forges d’Abel. On croise du monde dans ce coin. On avait prévu de dormir au bord du petit lac d’Anglus en fond de vallée mais les voix nous font fuir. On traverse le gave d’Aspe et poussons encore sur la route du col du Somport, coupant les lacets comme des sangliers en sous-bois. Olivier se rachète des lunettes de soleil à l’auberge Aysa qui se fait de l’argent de poche en revendant des lunettes oubliées. Pendant ce temps, je fais ma toilette dans une source qui jailli à plein débit et que Quentin prend une boisson en terrasse. Nous montons dans le pentu pour trouver un bivouac. Les deux frangins se satisfont d’un plat de buissons agressifs dans lesquels on s’enfonce jusqu’aux genoux. Pour ma part, inquiète de crever mon matelas au jour 2, je vais explorer les alentours. Je dégotte un bon plat herbeux bordé de myrtilles avec coucher de soleil à la clé, ils me rejoignent. Pour nos premières myrtilles à déguster, méfiants, ils me laissent gouter avant pour être surs de ne pas s’empoisonner.