On se lève avant le soleil, tout le monde dort. Dans la fraicheur du matin, on longe le lac de Baborte et on descend dans la vallée du Vallferrera. Mes genoux restent silencieux, quel soulagement ! On remonte jusqu’au Port de Boet, laissant la Catalogne pour l’Ariège. De l’autre côté, on a une vue sur des pâturages et des lacs. Un berger, veillant d’un œil sur son troupeau de brebis, parle avec des amis. Il a ce chantant et familier accent du midi bien marqué. Nous ne sommes pas loin du pic de Montcalm qu’on avait tenté de gravir sans raquette en plein hiver avec Quentin.
On s’arrête à 9 heures au bord de l’étang de la Soucarrane pour prendre le petit déjeuner. Ne nous reste plus que les plats qu’on a évité de manger jusqu’alors. Notamment des mélanges de graines que je trouve, personnellement, très énergisant, mais tout le monde n’apprécie pas ! Olivier pic un somme et nous voilà repartis.
On descend dans la végétation verdoyante jusqu’au point le plus bas, le Pla de Labinas, parcourus de ses multiples cours d’eau et qui s’étend à perte de vue sans qu’on n’en voit le bout. Puis, nous remontons pour atteindre l’Andorre par le Port de Rat en fond de vallée. C’est sauvage et rien n’annonce ce qui nous attend de l’autre côté : une station de ski, Ordino Arcalis ! Dédale de routes, de pistes de graviers, de câbles de remontées et un monde fou ! Accessibles en voiture, les lacs de Tristaina attirent la foule. Entre le bâtiment de la station et les lacs, nous attend un sentier sec dont la poussière est soulevée par les centaines de pieds qui l’empruntent. On fait cependant escale dans la station pour recharger les portables avant de monter aux lacs.
L’ambiance au lac principal est semblable à celle d’une piscine municipale. Il est enclavé dans un cirque dominé par le Pic de Tristagne, ce qui rend l’environnement sonore très dense. On s’assoit au bord d’un lac situé un peu plus loin pour se restaurer. Olivier préfère la sieste au dernier Five beans Chipotle, une épreuve pour les intestins. On repart sous le soleil qui tape fort, puis entamons une longue traversée, ne se lassant pas de voir la station et la route en contrebas.
On commence à s’éloigner un peu de la civilisation. On profite néanmoins des aménagements andorrans classieux, s’arrêtant sur l’immense terrasse du refuge de Sorteny pour boire des bières. On y reste un certain temps, en cette fin de journée, en profitant pour manger également.
Pour la nuit, Quentin a repéré une cabane à une heure de marche de là. Un peu éméchés, on se remet en route. Le chemin jusqu’à la cabane n’est pas de toute évidence. Enfin il y a deux chemins d’accès et le plus court, que nous avons choisi, nous perd. Pour gagner un kilomètre, on se retrouve à rebrousser chemin, descendre droit dans un petit pierrier et couper dans la végétation haute pour enfin escalader de gros blocs et sortir sur le petit plateau. La cabane de Pleta Serrera se trouve là, tranquille, sauvage, isolée. Elle a déjà un occupant, un homme seul qui joue de la flûte au bord de la rivière. Avec Quentin, on plante la tente dehors tandis qu’Olivier s’installe dans la cabane. Soirée tranquille, on se couche tôt.