Étape 11

Départ : Refuge de Mataro
Arrivée : Refuge de Mont-roig
Journée marquée par de nombreux passages hors-sentiers, un nombre incalculable d’arrêts pour s’alimenter et une grande indécision sur où s’arrêter pour dormir. On a été gagnés par la lassitude, à se demander ce qu’on fichait là, mais finalement, on aura été contents d’avoir poussé jusqu’à la fin prévue de l’étape.

Détails de l'étape

Durée

15:00 H

D+
2200 m
D-
2400 M
Altitude Max
3600 M
date
02/08/2020
GPX

Liste   

Information
Cliquez sur le bouton suivant ou l′élément sur la carte pour voir ses informations
Lf Hiker | E.Pointal contributor

GPX SANS NOM   

Profile

50 100 150 200 5 10 15 Distance (km) Altitude (m)
Aucune donnée de dénivelé
Nom: Aucune donnée
Distance: Aucune donnée
Altitude minimum: Aucune donnée
Altitude maximum: Aucune donnée
Montée cumulée: Aucune donnée
Descente cumulée : Aucune donnée
Durée: Aucune donnée

les points d’intérêt

  • Le magnifique Estany de Garrabea, lieu d'action de Super Champêtre
  • Le refuge non-gardé d'Airoto, havre de paix et source de nourriture
  • Alos d'Isil, village ancien traversé par la Noguera Pallaressa
  • La descente des cinq lacs de nuit depuis le col de la Cornella

La journée

Un couple passe le matin sans nous adresser la parole, peut-être qu’on sent trop fort. Une journée plutôt normale nous attend (33 km) mais, mentalement, ça sera une des étapes les plus ardues de la traversée. On doit rattraper la fin d’étape de la veille et avaler celle initialement prévue dans le Vall d’Aneu. On descend au milieu des lacs dans la lumière rasant le Pic de Xemeneies. Retour à la civilisation au port de la Bonaigua, sentier plein de marcheurs, route, parking, bruits. Quentin a faim. On se pose au seul point à l’ombre : le garage à poubelles. Il aimerait manger là mais, avec Olivier, on préfère s’éloigner du cluster et trouver un endroit plus sympa. On reprend la marche, Quentin n’a pas le moral. Pour quitter cet endroit, on se retrouve sur des sentiers informels. D’abord au milieu des vaches entre les lacets de route, puis sur le relief avec la route en contrebas. Les tracés faits par les animaux en pâture rendent difficile l’identification d’un quelconque chemin, si chemin il y a.

Après avoir slalomé en montant doucement, on finit par s’impatienter et monter droit dans le pentu. Des buissons irritants jusqu’aux genoux, on s’accroche aux arbres pour se hisser. On rattrape un chemin, pas pour longtemps. On se retrouve dans les nuages par intermittence. Après une erreur d’orientation, Quentin craque. Il jette le portable par terre et s’allonge. Avec Olivier on prend la relève, on fait à manger et, une fois requinqués, on gère l’orientation le long de plusieurs lacs. On continue à faire les sangliers, les paysages sont beaux mais le moral suit difficilement car les kilomètres passent lentement.

À nouveau, on s’arrête manger. Nous sommes au bord de l’Estany de Garrabea. Quentin repère deux femmes qui n’ont pas démonté leur tente et il n’est plus l’heure pour le bivouac dans le parc Naturel d’Alt Pirineu. Il va à leur rencontre, avec Olivier on l’observe de loin, curieux de voir quel scénario il va inventer. L’échange semble cordial, ils se montrent des cartes puis elles acquiescent. Quand il revient vers nous, elles sont en train de démonter leur tente. Ça nous fait rire, Super Champêtre vient de frapper !

On reprend la route le long du lac, entre blocs rocheux et myrtilles, le moral est meilleur. Quelques kilomètres de marche et on arrive à une cabane plutôt originale, le refuge d’Airoto, petit havre paradisiaque verdoyant. Le toit du refuge, fait de tôle orange, descend jusqu’au sol et l’intérieur est immense. La structure intérieure est en rondins de bois et, du sol au plafond, des planches d’un bois sombre recouvrent les parois. Dans le fond se trouvent des matelas pour coucher une douzaine de personnes. Il y a tout ce qu’il faut pour cuisiner, un poêle pour chauffer et bien plus. Les garçons se mettent à fouiller les boîtes de nourriture comme des affamés et y trouvent diverses choses à manger. Je me repose à l’intérieur pendant qu’ils se goinfrent dehors, attablés à une longue table en bois.

Revigorés, nous rattrapons le chemin et entamons une longue descente jusqu’au village d’Alos d’Isil, moyennant un passage sanglier pour ne pas descendre une piste tout du long. A-t-on vraiment gagné du temps à ce moment-là ? On progresse trop lentement sur notre sentier improvisé plein de chardons, passant sous les branches des arbres, c’est difficile pour le moral.

Au village, on s’arrête d’abord manger sur un banc à côté d’une fontaine. Sur la place se trouve un refuge avec deux gros chiens qui nous tournent autour. Le temps est assez menaçant. On repart, mais, avant de quitter Alos, on tombe sur deux gars qui font la HRP dans l’autre sens. Du fait de la multitude d’itinéraires possibles de la HRP et de notre habitude de doubler, voire tripler, les étapes ne nous permet pas de croiser beaucoup de nos acolytes. L’un d’entre eux porte un sac de 30 kg, ils n’en reviennent pas que les nôtres ne montent pas au-dessus de 10 kg. La copine d’un des gars est venue leur apporter un ravitaillement en voiture depuis Toulouse, quelle motivation ! Ils sont en pleine orgie de pain et de fromage et nous invitent à partager avec eux. On aura passé la journée à manger ! On discute un moment puis reprenons la route avec quelques réserves de bouffe.

Une fois passé la rivière Noguera Pallaressa, une grosse montée en forêt nous attend. Partant de 1300 m, on doit atteindre un col à 2500 m. La fatigue nous fait envisager un bivouac avant le col. Le temps nous encourage à trouver une cabane, au moins pour Olivier, car à trois sous le double toit on prendra forcément la pluie. On regarde un corps de ferme, Bornes de Pina. Dormir avec la bouse de vache ? Non merci ! Même si Olivier l’a déjà expérimenté au début de la traversée. On continue. Au sortir de la forêt, on arrive à un replat. Quentin traverse la rivière pour trouver une cabane indiquée sur la carte, la cabane del Pletiu. Il cherche dans les bois, sans succès. La cabane n’existe plus. Entre bouses et trous dans le sol, compliqué de monter une tente. Sur la carte, il semblerait que ça soit un des seuls replats avant le col.

On continue, slalomant entre les vaches défonceuses de terrain qui broutent un peu plus haut. On monte au col de Cornella de nuit, parfois le brouillard nous entoure, quelle ambiance ! Un oiseau prend son envol dans un grand bruit, un aigle peut-être ? À la frontale, on enchaine sans s’arrêter. De l’autre côté on traverse un plateau à 2400 m. On est morts, je suis au bord du craquage de nerfs. On pourrait dormir là, on cherche des yeux où mettre la tente. Olivier n’est pas tranquille à l’idée de dormir si haut avec son duvet trop léger. Il nous reste peu de dénivelé à dévaler mais pas mal de kilomètres.

On continue. Après le col de Cornella, s’en suit une descente sur de grosses dalles granitiques. C’est beau, on a pris la décision de pousser jusqu’à la fin d’étape au refuge de Mont-roig alors on laisse nos jambes avancer sans plus réfléchir. Encore un refuge-boîte, on sait à quoi s’attendre et une nuit confortable nous motive à poursuivre. Quentin compte les lacs, dans cinq lacs on arrive. Estany Calberante, estany Major de la Gallina, estany de Dalt de la Gallina, estany Mitjà de la Gallina et Estany Inferior de la Gallina. À l’un d’eux, on entend un chien de berger aboyer dans la nuit, ce n’est pas rassurant mais finalement, on ne passe pas à côté. C’est long, mais voilà qu’on aperçoit dans la nuit claire la tâche du refuge, enfin ! On arrive, complètement achevés par cette journée de sangliers et d’indécisions. On est seuls dedans, heureusement puisqu’on arrive à minuit affamés. Étant partis à 9 heures le matin, on aura marché 15 heures. C’est fou ce que le corps peut endurer alors qu’on pense qu’il a déjà tout donné. La théorie du cul dur fonctionne jusqu’ici ! On aura pris que cinq photos de cette journée qui aura été une des plus longues de la traversée.

Le Bivouac

NOM

Refuge de Mont-roig

Altitude
2290 M
Type
Container
GPS

Refuge de 1984, pas la boîte la plus récente non plus mais toujours très bien pour une nuit au chaud en altitude.

La Galerie du jour

Estany Redo

En contrebas de l'estany de Gerber

Refuge d'Airoto