On descend la vallée en longeant un torrent. On passe une belle cascade sur des pierres arrosées d’eau puis, on sillonne en contrebas au milieu des fleurs. Sur le replat, on tombe sur une réserve de framboises sauvages où on passe un certain temps à se gaver, quitte à se faire piquer les mains et accrocher le t-shirt. On traverse le troisième axe routier qui relie la France à l’Espagne à l’entrée du tunnel de Vielha. Juste après, se trouve notre deuxième ravitaillement placé sous un rocher. Tout y est sauf… les barres énergétiques. Quel coup au moral ! Ce sont de véritables carburants lors des baisses de régimes, ça nous permet d’avaler 1000 m de déniveler sans scier. Difficile de faire sans, et pourtant ! Olivier est blasé de nous avoir filé ses réserves. J’avais la charge de la constitution des sacs de ravitaillement, mais les deux frères ne m’en tiennent pas rigueur.
On repart pour une bonne côte, le moral dans les chaussettes, mais toujours dans un environnement verdoyant bourré de fleurs diverses. Le chemin est bordé de myrtilles, les frangins s’y arrêtent pour compenser l’absence de barre. On longe le lac de Rius et marquons un arrêt au refuge de la Restanca, un peu plus haut, au pied du Montardo. On achète de quoi manger pour économiser les lyophilisés : des croquetas et tartine frottée à la tomate. Ce n’est pas très bon mais ça cale.
On décide de changer notre itinéraire pour dormir dans un refuge fermé, toujours une de ces boites harnachée à la roche par de gros câbles. Le chemin est bordé de petits lacs, sur l’un d’eux plane un nuage au travers duquel filtre la lumière du soleil. On se retrouve parfois dans un brouillard épais, on apprécie être caché du soleil et plonger dans une ambiance différente.
On passe au refuge de Saboredo, rempli de randonneurs. Certains sont simplement vêtus d’une serviette enroulée autour de la taille, et pour cause, ils sortent du sona ! Il y a de l’ambiance, on y resterait bien mais on ne laisse pas distraire. Un plein d’eau et c’est reparti ! On atteint le refuge de Mataro, une version antérieure à celui des Molières : il y a moins d’espace et le matériel est plus vieillot, ce qui lui donne un certain charme. On trouve des cacahuète et des pâtes chinoises en sachet. Petit apéro dehors avec le soleil couchant et la mer de nuages en contrebas.