Le lendemain matin, nous reprenons le chemin, soucieux de trouver de l’eau aisément. On évolue essentiellement en forêt, le relief n’étant pas plus haut que quelques 1300 m. On traverse le ruisseau d’Iratiko Erreka par le pont d’Orgate après une belle descente. Nous attend ensuite une pente raide impitoyable recouverte de feuilles mortes qui n’en finit plus ! Sur la carte, une source est indiquée en contrebas du chemin que l’on emprunte. Nous repérons un endroit où la végétation semble particulièrement irriguée et descendons droit dans la pente pour trouver, effectivement, quelques filets d’eau qui s’écoulent le long d’un sol rocheux. On en profite pour prendre un petit déjeuner pendant que nos gourdes se remplissent au goûte à goûte. On reprend notre progression en forêt d’Iraty, principalement sur des pistes. On sort enfin des bois pour se retrouver en hauteur sur un sol herbeux. On contourne le Pic de Bizkarze pour se retrouver face au pic d’Orhy, 2017 m, premier sommet qu’il nous faut gravir. Modifiant légèrement l’itinéraire classique, on se retrouve à slalomer entre les roches d’une arrête vertigineuse. Olivier trace son propre itinéraire, on commence déjà à perdre la trace ! Avec Quentin, nous rattrapons le chemin sur la crête. Nous nous retrouvons là-haut et profitons de notre premier point de vue sur le pays basque. D’un côté le Pays Basque français, de l’autre la Navarre espagnole. On croque la descente sur un sol poussiéreux de terre sèche jusqu’à un parking où on tente de remplir nos gourdes auprès des marcheurs qui s’y trouvent. Un peu préoccupés par la quantité d’eau en notre possession, et le peu de source annoncées par la suite, nous suivons un chemin de crête vallonné marquant la frontière franco-espagnole. Dans un vent puissant, on aperçoit au loin le Pic du Midi d’Ossau de sa forme en dent reconnaissable.
Simplement pour le plaisir de se faire les jambes, on gravit un sommet à 1923 m, Otsogorrigagna. On y trouve un espagnol qui écoute sa radio. On redescend droit dans le pentu, hors chemin. On est au milieu des fleurs d’été et des abeilles, toujours à deux doigts de se mettre le cul parterre tellement la pente est raide. Sur la carte, on a repéré des rivières mais au fur et à mesure de notre avancée, on comprend qu’elles sont à sec. Ne reste que des ravines dans lesquelles on marche. Dans les pâturages, on repère une marre d’eau croupie où on envisage de faire le plein d’eau. C’est peu ragoûtant et ça serait dommage de se mettre l’estomac à l’envers le deuxième jour ! Nous sommes partis sans pastille de traitement, se disant qu’on ne boirait que de l’eau sortant des sources. En bas-relief, c’est un certain chalenge !
On économise le peu d’eau qu’il nous reste jusqu’au refuge de Belagua, pensant trouver là de quoi s’abreuver. Pas de chance, le refuge espagnol est en travaux et fermé ! On comptait dormir dans les alentours, mais sans eau nos plans sont compromis. Olivier part en quête d’eau auprès des camping-cars garés là. Succès, au moins pour faire à manger. Découverte du bon goût des lyophilisés ! A-t-on commencé par le Chipotle ? Au loin on voit le Pic d’Anie en vallée d’Aspe, il n’est pas à notre programme mais très reconnaissable par sa forme pyramidale et abrupte de roche blanche. Quentin réalise qu’en Espagne les cartes IGN que nous avons chargées sur l’application ne nous permettent pas d’avoir toutes les informations nécessaires. Il trouve les cartes topographiques del Instituto Geografico Nacional et Open Topo Map, soulagement !
Après avoir repris quelques forces, bien morts quand même, nous décidons d’avancer encore de 8 km pour trouver un point d’eau annoncé sur la carte. On traverse une magnifique forêt dans la Sierra Longa. Le relief est fait de plusieurs paliers, alternant des montées raides sur terre battue et des plats peuplés de blocs de granite au milieu desquels nous slalomons. Nous sortons enfin de la forêt et continuons désespérément notre avancée vers une source annoncée, sans plus y croire. On croise un groupe de personnes qui n’ont pas trouvé d’eau… On arrive à une cabane en tôle où se trouve une grosse bouteille contenant un peu d’eau, un indice encourageant. On part à la recherche de ladite source. Et là, surprise ! Une source coule sous une plaque en tôle, la fuente de Hoya de la Solana. Quel soulagement ! Refaits, on dresse le camp pour la nuit. Ce jour-là, on a facilement fait nos 40 km !